MANIWAKI - Famille, amis, pompiers de Maniwaki et même de toute la région sont en deuil suite au décès subit du chef de la brigade incendie maniwakienne, Patrick Lemieux. Il laisse derrière lui l’image d’un homme toujours souriant, d’une grande gentillesse, dévoué à assurer la sécurité de sa communauté et qui avait sa caserne tatouée sur le cœur.

SOURCE
la gatineau

Patrick Lemieux est décédé à seulement 68 ans d’une crise cardiaque en revenant d’une intervention dans la nuit de dimanche à lundi. Le service incendie a répondu à un appel dimanche vers 22 h dans une maison à Bois-Francs. Au retour, Patrick Lemieux a pris la route seul, avec son véhicule de service. Les autres pompiers le suivaient à bord du camion d’incendie lorsqu’ils ont remarqué que leur chef s’était garé le long du chemin. Ces derniers ont appelé les ambulanciers mais Patrick Lemieux est décédé à l’hôpital vers 1 h du matin.

Le lendemain, à l’annonce de son décès, c’était le choc. Très vite sur les réseaux sociaux les messages se sont multipliés pour rendre hommage à celui que tout le monde appelait Pat : «C’était un homme formidable avec la joie de vivre, le sourire facile mon petit Pat», «Tout un gentleman ce Pat», «C’était un homme merveilleux».

Patrick Lemieux travaillait à la Ville depuis février 1969 et il était directeur du service incendie depuis mai 2001. Toujours à la caserne, il adorait son métier et formait avec ses pompiers une grande famille. Cette passion, c’est son père, qui était lui aussi pompier, qui lui avait transmise. Une vocation qu’il partageait aussi avec son frère, directeur du service incendie de la Ville de Pontiac.

Ses confrères, qui l’aimaient beaucoup, son très affectés par sa mort. Parmi eux, Martin Coulombe, pompier à la Ville de Maniwaki depuis 2009, explique que «pour nous tous les pompiers, Pat Lemieux n’était pas seulement notre chef mais aussi un ami et même un confident. Peu importe le sujet, si nous avions besoin de voir Pat, nous n’avions qu’à passer à son deuxième chez soi, la caserne, il était toujours à l’écoute. Il adorait également nous voir présents à la caserne pour des besoins personnels, soit laver nos véhicules ou s’entraîner. De cette façon, il savait qu’en étant présent et que si une alarme se déclenchait, notre temps de réponse serait très rapide et que les dommages seraient moins importants. En résumé, Pat était un homme impliqué pour sa ville et un homme de cœur. Pat était toujours très reconnaissant de notre travail et n’hésitait pas à intervenir lorsque notre sécurité était en péril. Je n’oublierai jamais la dernière phrase que Pat nous a mentionnée à moi et Gerry Ménard lors de sa dernière intervention à Bois-Franc : beau travail les gars.»

Lorsque nous lui avons demandé s’il avait une anecdote en tête, Martin Coulombe s’est souvenu que «Pat était toujours à l’affût des nouveaux produits en matière incendie. Lors d’une de nos pratiques bimensuelles, il nous a présenté un vidéo de l’une de ses nouvelles acquisitions, la mousse ignifuge F-500. Quelle mousse impressionnante à première vue, mais suite à nos tests derrière la caserne, cette mousse était loin de répondre à ses attentes. Depuis ce temps, moi et Paul Latourelle avions un plaisir fou à taquiner Pat avec cette fameuse F-500, peu importe la situation».

Martin Coulombe tient à remercier «mon CHEF, mon ami, Patrick Lemieux, pour tous les conseils qu’il m’a transmis en matière d’incendie».

Le maire de Maniwaki, Robert Coulombe, qui le connaissait bien, tient lui aussi à rendre hommage à cet homme pour qui la brigade incendie «était plus qu’un travail. Il y donnait tout son cœur. C’était quelqu’un de très apprécié».

À noter que le service religieux aura lieu lundi 4 avril à 14h en l’église Assomption de Maniwaki. Patrick Lemieux laisse notamment dans le deuil ses deux fils Stéphane et Mathieu.